18.01.2007

Réponses à Erwan Didalvez

Erwan Didalvez : Cette opération intelligente et innovante lancée par Le Télégramme et SFR et bien exploitée par les agriculteurs suscite peu de questions. Est-ce que les agriculteurs devenus marginaux en nombre dans la population n'intéresseraient plus personne ?

 

C’est une bonne question ! Il est vrai que cette opération est organisée à l’occasion d’élections professionnelles méconnues du grand public. Le nombre de blogs (1 par liste et par département : 13 blogs !) sur le sujet ajoute peut-être de la confusion au débat sur l’agriculture pour des non initiés.

Nous espérons que les 13 jours de campagne restant permettront d’accroître les échanges à travers ce média.

 

 

 

Erwan Didalvez : J'ai trouvé la manif pour la défense des échalotes à Morlaix très astucieuse et très populaire. Les légumiers auraient-ils enfin compris que pour se mettre la population de son côté, il faut arrêter de casser ?

 

Les agriculteurs, qu’ils soient producteurs de choux-fleurs ou de lait, ont toujours fait des revendications dans le calme pour défendre leur métier et leur revenu. Le rôle  du syndicalisme est d’ailleurs de négocier en amont par la concertation et de façon posée. Néanmoins, lorsque les élus politiques font la sourde oreille et que les pouvoirs publics les ignorent et ne daignent pas fournir une réponse à leur attente, ils doivent en passer par les manifestations pour sensibiliser élus, administrations et grand public. Peut-être est-ce le système de fonctionnement de l’Etat français pour écouter et échanger avec ses citoyens ? Et, il arrive parfois, après des semaines ou des mois de non réponse, alors que les pouvoirs publics sont informés, que nous ne pouvons plus contenir le désarroi des producteurs.

 

Pour l’échalote de tradition, le dossier date de plus de 7 ans et le problème à l’origine est d’ordre juridique. Et nous avons perdu ! Ce dossier concerne directement les consommateurs contrairement à certaines demandes de producteurs (un dispositif de gestion des marchés en cas de crise n’a pas d’impact direct sur le consommateur si ce n’est sur le prix du produit ; c’est du chinois pour lui ! et ça ne l’intéresse pas à priori !) et il est donc plus facile de sensibiliser et de communiquer sur l’échalote de tradition que sur des mécanismes de gestion de marché. La différence entre un oignon et une échalote de tradition est compréhensible pour la grande majorité de la population et, cela intéresse le consommateur !

Pour les producteurs d’échalotes de tradition, le dossier n’est pas clos ! Le nouvel arrêté de commercialisation de l'échalote paru hier au JO est loin d’être satisfaisant… puisque des oignons pourront être commercialisés sous l’appellation « échalote de semis ». Le consommateur va être trompé sur la marchandise s’il n’est pas bien informé. Les producteurs d’échalotes de tradition attendent toujours la confirmation du soutien de l’Etat (300 000€ par an sur 5 ans) pour leur permettre de bien informer les consommateurs.

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